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November 08

Isadora Duncan au Musée Bourdelle

par Nicole Salez,http://www.toutpourlesfemmes.com
Figure pionnière de la danse moderne, Isadora Duncan (1877-1927), une des sources majeures d’inspiration d’Antoine Bourdelle est l’invitée du musée Bourdelle, à Paris, du 20 novembre 2009 au 15 mars 2010.


Antoine Bourdelle : ''Isadora Duncan dansant'' - Plume et encre brun sur papier vélin - Crédits photo : Mairie de Paris, Musée Bourdelle
Antoine Bourdelle : ’’Isadora Duncan dansant’’ - Plume et encre brun sur papier vélin - Crédits photo : Mairie de Paris, Musée Bourdelle

Du 20 novembre 2009 au 15 mars 2010, se tient au musée Bourdelle , à Paris, " Isadora Duncan, une sculpture vivante", une ambitieuse exposition consacrée à la danseuse, une des sources majeures d’inspiration d’Antoine Bourdelle (1861-1927), comme l’atteste la multitude de dessins conservés au musée qui la représentent. Première exposition dédiée à cette grande figure de la danse, depuis une modeste présentation au musée en 1966, elle portera l’accent sur ses années passées en France et s’articulera en quatre chapitres : la vie tumultueuse et la carrière de cette femme prodigieusement libre et moderne, son art, son goût pour l’antique partagé par nombre de ses contemporains ; et enfin, les relations nouées par elle et Antoine Bourdelle. Cette exposition réunit pour la première fois depuis les années soixante, peintures, sculptures, dessins, photographies, ainsi que des documents divers.

Musée Bourdelle

Dans les jardins et les ateliers ou Antoine Bourdelle (1861-1929) a vécu et travaillé, le musée Bourdelle abrite un ensemble exceptionnel de plâtres, de bronzes et de marbres de celui qui fut le praticien de Rodin, le maître de Giacometti, de Germaine Richier et de Vieira da Silva. L’extension réalisée en 1992 par Christian de Portzamparc donne toute sa dimension à l’œuvre du sculpteur. Depuis 2004, le musée accueille la création contemporaine : "Luciano Fabro Musée Bourdelle Convivio" ; Claude Rutault "les toiles et l’archer" ; Didier Vermeiren "Solides Géométriques, Vues d’atelier " ; "Felice Varini au 18, rue Antoine Bourdelle" ; "Laurent Pariente" ; "Sarkis Inclinaison" ; Alain Séchas "Rêve brisé" ; Gloria Friedmann "Lune rousse".

- Isadora Duncan, une sculpture vivante
- Du 20 novembre 2009 au 15 mars 2010
- Musée Bourdelle
- 18, rue Antoine Bourdelle
- 75015 Paris
- Tél : 01 49 54 73 73 / Fax : 01 45 44 21 65

November 06

Le Prix Mac Orlan 2009 décerné à Bernard Giraudeau

Ressembler ou ne pas ressembler au romancier ? Essentiel pour réussir...

Rédigé par Cecile Mazin, le mercredi 04 novembre

« Créé en 2005, le Prix Pierre Mac Orlan distingue chaque année des ouvrages de langue française – romans, récits ou recueils de nouvelles – qui s’inscrivent dans l’univers de Pierre Mac Orlan et qui font large place à l’aventure et l’imaginaire. » Bon, ça, c'est la théorie.


En pratique, c'est un peu la même chose, mais avec une récompense qui a été rendue ce mercredi 4 novembre par un jury sous la haute présidence de Pierre Bergé. Ainsi, c'est Bernard Giraudeau qui a été récompensé avec Cher Amour, publié aux Éditions Métailié en mai 2009.
Je suis en arrêt de jeu, sur le dos, paupières closes. Je sais que vos mains, fines, élégantes, déliées sont une harmonie, une musique pour saisir mes lettres, les déplier et les tenir comme la plus précieuse découverte de notre vie. Cette main qui repousse une mèche de cheveux reste suspendue pendant que vous lisez, attentive, les mots sacrés de ce voyageur infatigable qui a fini par s'arrêter dans votre jardin. Je vous aime depuis si longtemps, depuis avant le début.
Le petit Bernard recevra une dotation de 5000 € pour accompagner son prix. Et inutile de vous tracasser, le livre n'est manifestement pas disponible en version numérique.

Combien d'ouvrages consomment les lecteurs de ActuaLitté ?

Alors, dans quelle tranche vous situez-vous ?

Rédigé par Nicolas Gary, le vendredi 06 novembre 2009

Nous avions effectué un petit sondage la semaine passée pour évaluer un peu le potentiel de lecturabilité de nos visiteurs, histoire d'en savoir un peu plus sur vous, sur nous, sur notre relation... et sur celle que vous entretenez avec les livres.


Bon, évidemment, nous sommes encore loin des sondages Ipsos en termes de réponses puisque 103 personnes ont pris part au vote. N'empêche que, pour la signification qu'on lui accorde, il est assez intéressant de remarquer qu'en moyenne, nos lecteurs dévorent quatre livres par mois, soit 33 % des répondants.

Il y a ensuite les petits voraces, qui à 27 % consomment trois livres mensuellement et les (dé)raisonnables, qui à 26 % en bouquineront en engloutissant entre cinq et six ouvrages. Un petit groupe d'irréductibles reste à une consommation de un voire deux quand il a beaucoup plu, à 12 %.

Chose étonnante, nous n'avons pas recueilli une seule réponse pour moins de un livre...
Ups, j'ai oublié de répondre au questionnaire... Bon, je recommence tout juste à lire et j'en suis pauvrement à un à deux livres par mois... Oui, je sais, ce n'est pas très brillant !!! lol !
November 05

Michel Onfray invité de la Grande Librairie ce soir sur France 5

Comme Michel Onfray est l'un des invités de l'émission phare de la semaine sur France 5 et que François Busnel emploie régulièrement le mot "hédonisme" à son encontre, je ne résiste pas à mettre ici la définition de ce mot, issu de Wikipédia :

"Hédonisme comme pensée philosophique

Les plaisirs de l'existence, multiples, varient selon les individus et selon leur éducation. Les penseurs hédonistes ont orienté leur vie en fonction de leurs dispositions propres, mais on retrouve des thèmes communs : l'amitié (thème cher à Épicure), la tendresse, la sexualité libre, les plaisirs de la table, la conversation, une vie constituée dans la recherche constante des plaisirs (cf. Le Gorgias de Platon), un corps en bonne santé. On peut aussi trouver la noblesse d'âme, le savoir et les sciences en général, la lecture, la pratique des arts et des exercices physiques, le bien social...
Dans le même temps, les douleurs et les déplaisirs à éviter sont les relations conflictuelles et la proximité des personnes sans capacités contractuelles (sans paroles), le rabaissement et l'humiliation, la soumission à un ordre imposé, la violence, les privations et les frustrations justifiées par des fables, etc.

Ainsi, il n'y a pas d'hédonisme sans discipline personnelle, sans ascèse, sans connaissance de soi, du monde et des autres. Les fondations directes d'une philosophie hédoniste sont la curiosité et le goût pour l'existence d'une part, et d'autre part l'autonomie de pensée (et non la croyance), le savoir et l'expérience du réel (au lieu de la foi). La pensée hédoniste a été fermement combattue par les régimes autoritaires (qu'ils soient religieux, philosophiques ou politiques).

Beaucoup de philosophes hédonistes, ou ayant une conception qui s'en rapprochait, ont tenu des postures athées ou agnostiques (Épicure), matérialistes (Démocrite), voire anarchiste (Michel Onfray, revendiquant la société socialiste libertaire comme la modalité politique de l'hédonisme).

D'après Michel Onfray, l'hédonisme se résume par cette maxime de Chamfort : « Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà, je crois, toute la morale »."

Attention, France 5 consacre une grande partie de sa soirée jusqu'à 22h40 à Claude Levi-Strauss... donc, à ne pas rater !

November 04

Prix Médicis 2009

L’écrivain canadien d’origine haïtienne Dany Laferrière a reçu mercredi 4 novembre le Prix Médicis pour L’énigme du retour (Grasset). Dany Laferrière a été récompensé au premier tour de scrutin par quatre voix contre une à Alain Blottière pour Le tombeau de Tommy.

Le prix Médicis du roman étranger a été attribué à Dave Eggers pour Le grand quoi (Gallimard) et le Médicis Essais a récompensé Alain Ferry pour Mémoire d’un fou d’Emma (Seuil). (http://www.prix-litteraires.net)


Prix décembre 2009 à La vérité sur Marie de JP Toussaint

Rédigé par Nicolas Gary, http://www.actualitte.com

C'est avec un petit chèque de 30.000 € que Jean-Philippe Toussaint, publié chez Minuit repart aujourd'hui puisqu'il est désormais lauréat du prix Décembre, remis ce matin. Le prix récompense son roman La vérité sur Marie, qui nous avait particulièrement marqués. (BibliObs)

« Les personnages sont portés par des événements extérieurs, des impressions, des pulsions, des attirances. Le monde réel ne les concerne pas. Et quand ils voient des travailleurs entrer dans leur champ de vision, ici des urgentistes essayant de ranimer l’amant en pâmoison, on dirait des martiens. »

Malheureux au jeu du Goncourt, remporté par Marie N'Diaye, finalement, JP sera vengé par un prix Décembre, mais qui résonne avec les accents de la polémique déclenchée autour du Goncourt. Que ce soit chez Livres Hebdo, où l'on évoque la frustration de Bernard Pivot (« Cela s’est passé en deux minutes trente, c’est un peu rapide ») ou encore celle de Patrick Rambaud, qui nous gratifie d'un joli calembour, « Moi, je croyais que c’était le week-end de la Toussaint », reste que JP Toussaint n'a peut-être simplement pas fait le bon choix dans sa maison d'édition pour obtenir finalement le Goncourt.

Bon, d'accord, nous étions plutôt orientés, comme Jorge Semprun, vers Delphine de Vigan, mais n'allez pas nous taxer de pro-Hachette pour autant. Non, les quelques réflexions que la situation inspire à Pierre Assouline sont bien plus impertinentes. Car si Marie N'Diaye est la première femme depuis 11 ans à obtenir ce maudit Goncourt - pour 10 € de dotation, ne l'oublions pas... - il faut rappeler avec Passou qu'elle officiait voilà quelque temps encore chez Minuit, l'éditeur justement de Toussaint, avant de passer chez Gallimard. La petite histoire de l'éditeur qui fait la sortie des lycées pour faire signer un contrat d'édition laisse rêveur, mais voilà : femme peut-être, mais publiée chez Gallimard avant tout. (profitez du lien, on y découvre avec plaisir le menu des Académiciens Goncourt...)

Finalement, que M. Toussaint s'enorgueillissent d'être resté chez Minuit, l'éditeur qui laisse des petites étoiles dans les yeux et sur ses couvertures, et que l'on abandonne les prix entendus : « Minuit sonne toujours autrement qu'une autre heure. » (Xavier Forneret)

Une citation... d'ouverture !

Reste devant la porte
si tu veux qu'on te l'ouvre.
Rien n'est fermé jamais,
sinon à tes propres yeux.

[ Farid Al-Din 'Attar ]
Extrait de Langage des oiseaux
November 03

Bande dessinée au musée de la Première Guerre mondiale

On peut difficilement faire l’impasse sur la belle initiative de l’Historial de Péronne qui consacre son année culturelle 2009 à la bande dessinée. On avait eu le droit à une magnifique exposition sur l’œuvre de Tardi (14 mai – 23 août) et cette fin d’année s’avère tout aussi prolifique, puisque depuis le 18 septembre se tiennent deux nouvelles expositions à couper le souffle.

Mobilisation Générale !
14-18 dans la bande dessinée

Les quelques cent quarante planches originales exposées permettent une mise en perspective du travail des dessinateurs autour de la Grande Guerre. Des patriotiques Pieds Nickelés et Bécassine aux travaux d’inspiration pacifiste de Tardi se dessinent l’évolution des regards sur la Première Guerre mondiale. Le neuvième art permet au visiteur de comprendre les grandes inflexions du traitement graphique de la Guerre, en même temps qu’il les illustre. L'exposition est donc ouverte au plus grand nombre. Accessible au jeune public et aux néophytes, elle intéressera sans conteste les amateurs les plus calés en BD.

 

Boucq illustre le Feu de Barbusse
Lauréat du prix Albert Uderzo en 2006, Boucq s’est investi dans l’illustration d’un des romans les précieux sur cette période. Henri Barbusse a d’ailleurs reçu le prix Goncourt en 1916 pour ce livre – sous-titré Journal d’une escouade – qui décrit l’univers quotidien des Poilus dans le bourbier de cette guerre de tranchée. Sont réunies vingt-trois planches originales qui composent un livre audacieux édité par Inevit.

Dynamique dans son approche de la Grande Guerre, mettant à disposition des publics des objets historiques sans cesse renouvelés, l’Historial fait figure d’exemple en la matière. Privilégiant un regard historique et anthropologique plutôt que mémorielle, les expositions proposées sont axées sur une mise en contexte des productions présentées. En plaçant l’homme au cœur de ses préoccupations, l’Historial conçoit des expositions à la fois ludiques et intéressantes.

Les amateurs d’histoire et de bande dessinées seront comblés par ces expositions originales. Et l’entrée est libre ! Alors pas de raison de s'en priver.

Musée de la Première Guerre mondiale, Château de Péronne, BP 20063, 80201 Péronne cedex.

Ouverture tous les jours, dimanches et jours fériés inclus, de 10h à 18h. À noter que le musée est fermé de la mi-décembre à la mi-janvier.

Rédigé par Nicolas Ramirez - http://www.actualitte.com


Le Prix Renaudot Poche 2009 pour Hubert Haddad

On avait appris qu'en parallèle du Renaudot sortirait également le Renaudot de poche, petite récompense supplémentaire dans ce vaste monde de prix littéraire.


C'est ainsi Hubert Haddad, avec Palestine qui aura été élu pour cette première édition 2009.

Rédigé par Clément S. - http://www.actualitte.com


Claude Lévi-Strauss, dernier géant de la pensée française, est mort à 100 ans

(AFP) – Il y a 5 heures

PARIS — L'anthropologue Claude Lévi-Strauss, considéré comme le dernier géant de la pensée française, est décédé vendredi à l'âge de 100 ans et ses obsèques se sont déroulées lundi à Lignerolles (Côte d'Or), a indiqué à l'AFP une source proche de la famille.

"M. Lévi-Strauss est décédé vendredi. La famille tenait à des obsèques dans l'intimité. Elle a décidé de décaler l'annonce du décès, car elle craignait d'être débordée par la médiatisation du décès et des obsèques", a-t-on précisé de même source.

Philippe Descola, qui lui a succédé à la tête du laboratoire d'anthropologie sociale au Collège de France, a confirmé que "Claude Lévi-Strauss a été enterré à Lignerolles, dans le Morvan, où il possédait une propriété".

"Il y a deux ans, il s'était cassé le col du fémur, il était depuis très fatigué, il est mort de grand âge", a précisé M. Descola, qui a indiqué avoir été tenu informé par la famille de l'anthropologue.

Né à Bruxelles en 1908, Claude Lévi-Strauss a changé notre perception du monde en jetant les bases de l'anthropologie moderne et influencé des générations de chercheurs. Son autobiographie intellectuelle, "Tristes tropiques", paru en 1955, est considérée comme l'un des grands livres du XXe siècle.

Dans un communiqué, le président Nicolas Sarkozy a salué en Claude Lévi-Strauss "l'un des plus grands ethnologues de tous les temps", créateur "de l'anthropologie moderne" et "humaniste infatigable". Pour le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, il "nous a enseigné une nouvelle grammaire du regard et nous a appris à +regarder, écouter, voir+ autrement".

Professeur au Collège de France de 1959 à 1982, Claude Lévi-Strauss est le premier anthropologue élu à l'Académie française en mai 1973, au fauteuil d'Henri de Montherlant. L'Académie française a indiqué qu'elle lui rendra jeudi un hommage privé, lors de sa séance hebdomadaire.

Claude Lévi-Strauss avait fêté ses 100 ans le 28 novembre 2008.

Il a proposé une appréhension nouvelle des mécanismes socio-culturels, en appliquant l'analyse structurale aux sciences humaines.

"Claude Levi-Strauss mettait l'accent sur le fait qu'il ne fallait pas chercher des ressemblances entre des sociétés, mais comprendre en quoi les sociétés sont différentes des unes des autres. C'est toujours très nouveau. Ca va à l'encontre des habitude de pensées", a souligné Philippe Descola.

Né dans une famille de Juifs alsaciens, agrégé de philosophie, Claude Lévi-Strauss a enseigné pendant deux ans en France (Mont-de-Marsan et Laon) avant de rejoindre en 1935 l'université de Sao-Paulo. Au Brésil, il a conduit des missions ethnographiques au Mato Grosso et en Amazonie.

De retour en France en 1939, il est mobilisé puis, l'année suivante, révoqué par Vichy en raison de ses origines juives. Réfugié dès 1941 aux Etats-Unis, il enseigne à New York puis devient conseiller culturel en 1946 près l'ambassade de France. Il est nommé en 1949 sous-directeur du Musée de l'Homme à Paris.

A partir de 1950, il occupe la chaire des religions comparées des peuples sans écriture à l'Ecoles des Hautes Etudes et, en 1959, celle d'anthropologie sociale au Collège de France.

Commandeur de la Légion d'honneur, Claude Lévi-Strauss a publié notamment "Les Structures élémentaires de la parenté" (1949), "Anthropologie structurale" (1958), "la Pensée sauvage" (1962), "Mythologiques" (4 volumes de 1964 à 1971).

En juin 2006, il avait reçu un hommage appuyé de Jacques Chirac lors de l'inauguration du musée parisien du Quai Branly dédié aux arts premiers.

Claude Lévi-Strauss se rendait encore aux séances hebdomadaires de l'Académie française après cette date. Mais plusieurs chutes l'avaient ensuite contraint à fortement limiter ses déplacements.

Son 100è anniversaire avait donné lieu en novembre 2008 à de nombreux hommages. Nicolas Sarkozy lui avait rendu visite à son domicile pour "lui dire la reconnaissance de toute la Nation". L'Elysée avait alors indiqué que Claude Lévi-Strauss avait "dialogué avec le président de la République".

L'anthropologue n'avait pas fait d'apparition publique depuis cette date.

Copyright © 2009 AFP
November 02

"Orgueil et préjugés et zombies"

de Jane Austen et Seth Grahame-Smith

Résumé du livre

'Orgueil et préjugés et zombies', c'est la rencontre délirante entre le roman culte de Jane Austen et... des milliers de morts-vivants. Le résultat : un livre qui pour les trois-quarts est du pur Jane Austen, le récit des intrigues matrimoniales qui animent le petit village anglais de Meryton, et notamment la famille Bennet, laquelle a cinq filles à marier ; le quart restant, ce sont les zombies, qui attaquent inlassablement les habitants de ce paisible village. Car, dans cette version azimutée d''Orgueil et préjugés', une terrible calamité s'est abattue sur l'Angleterre : les morts se sont réveillés et en veulent terriblement aux vivants. Non contentes de trouver un mari, les demoiselles Bennet doivent se défendre contre les zombies, autrement dit les 'innommables' ; entre deux tasses de thé chez le châtelain voisin, elles sortent leurs dagues et massacrent allègrement les suppôts de Satan.

La critique [evene]
La note evene : 3/5La note evene : 3/5   par Thomas Flamerion

Jane Austen, ressuscitée d’entre les morts. Plus qu’une simple private joke, ce remaniement du best-seller de la romancière anglaise désacralise un bon vieux chef-d’oeuvre en chevauchant librement son excellente structure. Car sans les talents de plume de la dame, il n’est point d’intérêt à la copie non conforme. Mais Seth Grahame-Smith déploie plus que de l’audace en envoyant une armée de morts-vivants attaquer le village de Meryton. Il investit le champ lexical et la trame narrative de l’original. Pire, en greffant tel un chirurgien quelques membres faisandés à la sainte famille Bennet, il relègue la chronique sociale et l’ironie sourde au second plan et pousse l’écrivain "régence'" sur un terrain qu’elle avait soigneusement évité : le gothique. Les puristes peuvent s’insurger. C’est bien Jane Austen qu’on assassine. Mais le crime de lèse-majesté ne choque plus personne. Au contraire. Aux Etats-Unis un genre est né, qui se moque de la déférence et puise dans les classiques pour en faire des produits de consommation courants. Hollywood, pour lequel Grahame-Smith écrit régulièrement, rejoue ses vieux scénarios sans vergogne. La littérature ne passera sans doute pas à côté de la mode remake. Mais quand l’opportunisme se double d’irrévérence et d’ingéniosité, le coupable est pardonné, et son forfait adoubé. Et si Seth Grahame-Smith pèche par orgueil, il balaie les préjugés d’un sanglant revers de zombies. Mortel.


Les Goncourt sensibles à la puissance des femmes

“Je vous salue, Marie !” C’est par cette formule qui n’est pas de lui, lancée sur le mode vibrant, que Robert Sabatier a accueilli Marie NDiaye cernée par les caméras à son entrée dans la salle à manger du premier étage au restaurant Drouant, place Gaillon à Paris, sur le coup de 13h30. Par un cruel paradoxe p1030171.1257173757.JPGdont la comédie littéraire a le secret, le Goncourt 2009 a consacré un auteur découvert, révélé et longtemps publié par Jérôme Lindon, sans que pour autant les éditions de Minuit soient à la fête. D’autant plus injuste que c’était le cas de trois des quatre lauréats de la liste finale du jury, mais c’est la vie. Ne boudons pas notre plaisir car Marie NDiaye, 42 ans, est un écrivain, et elle n’est que cela ; elle a un univers bien à elle, sa propre langue, sa voix immédiatement reconnaissable au bout de trois lignes, trouvée et imposée dès ses premiers textes ; elle est distinguée à mi-chemin d’un parcours sans faute, fidèle à son absolu de la littérature, pour un bon livre déjà loué par la critique, porté par les libraires et plébiscité par les lecteurs. Que demande le peuple ? Ce n’était pas gagné d’avance, des jurés le confiaient encore ce matin. D’autant que deux des dix s’étaient fait portés pâle, Michel Tournier, resté dans son presbytère de Chevreuse, et Françoise Mallet-p1030164.1257172873.JPGJoris. A la surprise générale, Trois femmes puissantes publié par Gallimard l’a emporté dès le premier tour de scrutin par 5 voix, contre deux Jean-Philippe Toussaint et une à Delphine de Vigan (ce qui avait été également le cas en 2001 lorsque le jury Femina avait couronné son Rosie Carpe). “Elle l’a emporté avec une facilité déconcertante” a remarqué un juré, tandis que l’autre regrettait :” Je pensais que cela aurait été plus disputé avec Toussaint…”. Françoise Chandernagor, qui a beaucoup oeuvré avec Edmonde Charles-Roux pour qu’une femme l’emporte, a rappelé que par le passé, les Goncourt avaient été souvent “machistes” et que la parité (deux hommes, deux femmes) étaient une grande première. D’accord, mais le livre, ces histoires d’exil, de frontière, de solitude brassées dans une pâte humaine originale ? “L’adhésion du jury s’est faite presque naturellement sur son écriture. Sur le style. Sur la richesse de vocabulaire. C’est initulé Trois femmes puissantes mais cela aurait être plus négativement Trois hommes détestables ! Personnellement, j’ai beaucoup apprécié son usage savant, p1030151-2.1257173012.JPGintuitif, sensuel des adverbes et des adjectifs, bien que ce soit généralement mal vu” a reconnu Bernard Pivot. Ce que confirmait Françoise Chandernagor : ”Des quatre, son roman était le plus… puissant ! sans mauvais jeu de mot. Pas d’exotisme mais une forte imprégnation du côté de Faulkner”. Quant à son éditeur, Antoine Gallimard, il confiait que, depuis 2005, les livres de Marie Ndiaye se vendaient en moyenne à 20 000 exemplaires et que, pour celui-ci, qui en est déjà à 120 000, il venait de commander une réimpression de 200 000 exemplaires. Pour commencer. Quant au Renaudot, qui se jouait dans la pièce à côté, il fut attribué comme annoncé, quoique à l’issue de débats serrés et de cinq tours de scrutin (avec JMG Le Clézio en direct de Nice et André Bourin, au téléphone), à Frédéric Beigbeder pour Un roman français publié par Grasset. C’est le Renaudot-essai qui a crée la surprise. Emmené par Christian Giudicelli, le jury s’était décidé ces derniers jours pour Carnets noirs de Gabriel Matzneff publié par Léo Scheer. Une manière d’adresser un pied-de-nez à l’ordre moral et à la censure en distinguant un écrivain dont l’oeuvre n’a jamais fait mystère de son goût pour les garçons et les filles, de sa liberté de moeurs et de son penchant pour la provocation. p1030167.1257173105.JPGMais au dernier moment, le bel échafaudage s’est écroulé : André Brincourt, le président du jury, qui s’était dit pourtant acquis au projet, s’est livré in extremis à une plaidoirie en faveur de l’héroïsme de Daniel Cordier, auteur de souvenirs de résistance sous le titre Alias chez Gallimard, et par le jeu de sa double voix, fit pencher la balance en faveur de l’ancien secrétaire de Jean Moulin.

(Ils la saluent, Marie ; Patrick “ce n’était pas mon choix” Rambaud ; Jorge Semprun ou la solitude du juré de fond ; “Merci beaucoup, Mme la présidente”, photos Passou)

jm-boillot-puligny-montrachet-champ-canet-200-l-1.1257176277.jpgP.S.: On aurait tendance à l’oublier, les Goncourt déjeunent. Personnellement, je n’ai touché à rien car je trouve que c’est trop, mais chacun fait ce qu’il veut de son estomac. Il leur fut donc servi une coquille saint-Jacques tiédie au caviar “Grande sélection Byzance”, un pâté en croûte de cheuvreuil (sic) au foie gras et à la truffe, une crème de châtaignes à la poule faisane et au fenouil, du bar de ligne et coquillages aux légumes croquants, un perdreau de chasse rôti avec une salade de mâche et betteraves crues, du fromage de chèvre frais au lait cru des Deux Sèvres, une tatin aux coings et un sorbet au pamplemousse, le tout arrosé de Magnum Champagne Drouant Blancs de Blancs, 2006 Magnum Bourgogne “Peite Jumalie” H. Darnat, 2006 Riesling Kessler Domaine Schlumberger, 2006 Magnum Puligny Montrachet 1er Cru Champ-Canet JM. Boillot, 2005 Magnum Domaine de Terrebrune Bandol, 2003 M. Château Rauzan-Ségla Margaux Grand Cru classé, 2000 Toyaji Aszu 4 Putnyos Château Waldbott, suivis d’une eau de vie blanche Domaine Hagmeyer. Et tout le reste, comme disait Antoine Blondin, n’est que litres et ratures.

http://passouline.blog.lemonde.fr

November 01

Sur les traces d’Arthur Rimbaud

Véro, je relaie ici ton info sur cette très belle initiative liant tourisme, découverte de ta région et littérature !

Offre spéciale « Le Dormeur du Val Hôtel + La Bohème 
125 € par personne / Base 2 personnes

Chambre Strophe Credit Gouhoury « Le Dormeur du Val » est un poème célèbre d’Arthur Rimbaud, mais c’est aussi le nom d’un nouvel hôtel au design très contemporain qui vient d’ouvrir ses portes à Charleville-Mézières, la ville de naissance d’Arthur. Sobriété, originalité et modernité sont les maîtres mots dans la conception de l’hôtel et des chambres. La domotique se dissimule dans l’authentique, la charpente croise le fer avec le verre, le multimédia pigmente les boiseries et les rimes s’arriment partout dans l’espace. Le style est épuré. L’esthétique de la décoration contemporaine confronte des matériaux bruts comme le béton banché, le bois et l’acier poli avec des formes de mobilier ancien relooké ou des tapisseries anglaises à fleur. Une salle de séminaire, un espace relaxation, des jardins extérieurs et un bar complètent le confort de l’établissement qui veut s’affirmer comme un hôtel de caractère urbain pour une clientèle d’affaires ou de touristes avisés et aisés. L’hôtel se situe à deux pas du cœur historique de Charleville-Mézières qui vous invite à suivre les pas d’Arthur Rimbaud (1854-1891) en visitant les lieux qui lui rendent hommage (notamment le square où trône son buste depuis 1954), à longer la Meuse qui l’a tant inspiré. Partez à la découverte de la Vallée de la Meuse et embarquez à bord du bateau à passagers « La Bohème » pour une croisière gastronomique ! 

Le prix comprend :

- une nuit en chambre Strophe avec petit-déjeuner à l’hôtel Le dormeur du val****
- une croisière sur la Meuse sur la Bohème avec repas gastronomique (boissons comprises) - durée : 2h30 à 3h
- visite du Musée Rimbaud, où un hommage est rendu au poète « Aux semelles de Vent » dans l’ancien moulin Ducal (XVIIe) de la ville : manuscrits, photographies et souvenirs.

Renseignements et réservations
Hôtel Le Dormeur du Val
32-bis, rue de la Gravière
08000 Charleville-Mézières FRANCE
Tél. : +33 (0)3 24 420 430
www.dormeur.fr - contact@dormeur.fr

Le théâtre public à la redécouverte des pièces de Tennessee Williams

LE MONDE | 31.10.09
Tennessee Williams est de retour, et, avec lui, le grand théâtre américain de l'après- seconde guerre mondiale monte sur les scènes françaises. Cinq productions, pas moins, sont proposées cette saison.

La première est celle du collectif new-yorkais du Wooster Group, invité par le Festival d'automne avec Vieux carré, présenté à Strasbourg (du 6 au 14 novembre) avant sa venue à Paris (du 19 au 23). Suivront deux pièces qui commenceront le même soir, vendredi 13 novembre : La Ménagerie de verre, mise en scène par Jacques Nichet au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers, et Soudain l'été dernier, monté par René Loyon à la Tempête.

En décembre, les Grenoblois pourront voir La Nuit de l'iguane, créée en mars à Bobigny, dans la mise en scène de Georges Lavaudant (Le Monde du 19 mars). Et enfin L'Odéon-Théâtre de l'Europe annonce pour février 2010 Un tramway nommé Désir, sous la direction de Krzysztof Warlikowski, avec Isabelle Huppert qui jouera Blanche Dubois.

A part Vieux carré, toutes ces pièces sont archiconnues, ne serait-ce qu'à travers le cinéma. Elles ont franchi l'Atlantique dès les années 1950, et depuis, elles sont régulièrement jouées. La nouveauté vient de leur profusion, au même moment, et du fait qu'elles sont toutes présentées dans le théâtre public. En partie à tort, Tennessee Williams (1911-1983) conserve en France l'image d'un auteur dramatique réservé à des productions du théâtre privé, avec des stars : c'est Jeanne Moreau jouant La Chatte sur un toit brûlant (1956), Arletty dans La Descente d'Orphée (1959), Edwige Feuillère dans Doux Oiseau de la jeunesse (1971), rôle repris par Claudia Cardinale en 2005. Ou encore Mélanie Thierry dans Baby Doll, à L'Atelier, en février. Cette image est précisément celle qui a conduit Georges Lavaudant à s'intéresser à "l'oiseau", comme l'appelait son ami Gore Vidal. Il avait envie d'aller sur des territoires où il n'était jamais allé : "Laisser Tchekhov et Shakespeare, m'intéresser au théâtre américain, et, dans ce théâtre-là, oublier O'Neill et Arthur Miller pour regarder du côté de Tennessee Williams, que je voyais comme un auteur boulevardier."

Georges Lavaudant est ainsi arrivé à La Nuit de l'iguane, un bon cas d'école. La pièce est en effet grevée de toutes les charges qui pèsent sur le théâtre de Tennessee Williams. En 1964, John Huston en a fait un film, avec Richard Burton et Ava Gardner, qui s'inscrit dans la mythologie cinématographique du XXe siècle, comme toutes les grandes pièces de "Ten" portées à l'écran par Elia Kazan (Un tramway nommé Désir, 1951), Joseph L. Mankiewicz (Soudain l'été dernier, 1959) ou Richard Brooks (La Chatte sur un toit brûlant, 1958), et incarnées par Marlon Brando, Vivien Leigh, Paul Newman, Elizabeth Taylor, Katharine Hepburn, Anna Magnani... Même si Tennessee Williams a renié ces films, parce qu'il trouvait que les scénarios dénaturaient ses pièces, l'empreinte reste si forte qu'elle fait écran à la perception de l'oeuvre.

La deuxième charge tient au recours, omniprésent et volontairement obsessionnel, à la trilogie psychanalytique de base (certains diraient "de bazar") - inconscient, refoulé, culpabilité -, qui constitue le moteur de l'action et pétrit les personnages. Depuis Tennessee Williams, le théâtre s'est peu à peu débarrassé de la psychologie, dont la tentation paraît aujourd'hui "vieux jeu". Il en va de même pour le style, devenu plus économe de mots, ou en tout cas moins bavard.

Pour Georges Lavaudant, ce sont précisément ces limites qui rendent intéressante une plongée dans l'oeuvre de Tennessee Williams aujourd'hui : "Il y a un bonheur du premier degré et un désir de parole touchants. C'est du bon théâtre populaire, avec deux ou trois questions, dont la première parle à tous : comment gérer sa vie ?"

Jacques Nichet ne partage pas ce point de vue. Comme Georges Lavaudant, il est venu tardivement à Tennessee Williams, dont il n'aurait jamais pensé qu'il le monterait un jour. Il a eu envie de relire La Ménagerie de verre à cause de la crise économique. "Une autre crise transperce la pièce, celle de 1929 et de ses suites. On y voit une famille monoparentale, avec une mère héroïque qui tente de donner un avenir à ses enfants. La Ménagerie de verre parle de nos peurs. Je la considère comme un texte social, à rapprocher du théâtre d'Horvath. Et je ne la trouve pas verbeuse. Les personnages n'ont que les mots à leur disposition. Ils parlent pour convaincre, se donner des souvenirs et des illusions, se sauver."

La Ménagerie de verre est la pièce la plus autobiographique de Tennessee Williams. Elle date de 1954, soit vingt ans avant Vieux carré, autre pièce autobiographique, à laquelle les New-Yorkais du Wooster Group ont choisi de s'intéresser. Tennessee Williams est loin de ses heures de gloire quand il l'écrit. Il sort de dix années de dépression, vit d'alcool et de drogues en tout genre, écrit des pièces qui ne sont pas jouées, parce que les temps ont changé et qu'elles ne sont pas bonnes. Dans Vieux carré, il se souvient de ses années de jeunesse à La Nouvelle-Orléans, de ses débuts d'écrivain inconnu et de sa découverte de l'homosexualité, dans une Amérique infiniment moins libérale, en la matière, qu'elle ne l'est au moment où il revient sur le passé.

C'est ce contexte qui a intéressé le Wooster Group : le mouvement de libération gay et son influence sur les artistes. Tennessee Williams s'est tenu à l'écart de ce mouvement. Il était sans doute trop usé. Et sa messe était dite. On pourrait la résumer en une phrase lâchée par un personnage de Vieux carré : "On doit tous se laisser un peu respirer, dans ce putain de monde."

Brigitte Salino

Vieux carré, TNS, Strasbourg. Tél. : 03-88-23-88-00. Du 6 au 14 novembre. www.tns.fr.
Centre Pompidou, Paris 4e. Tél. : 01-44-78-12-33. Du 19 au 23 novembre. www.festival-automne.com

La Ménagerie de verre, Théâtre de la Commune, Aubervilliers. Tél. : 01-48-33-16-16. Du 13 novembre au 6 décembre. www.theatredelacommune.com

Soudain l'été dernier, Théâtre de la Tempête, Paris 12e. Tél. : 01-43-28-36-36. Du 13 novembre au 13 décembre. www.la-tempete.fr

La Nuit de l'iguane, MC2, Grenoble. Tél. : 04-76-00-79-00. Du 8 au 12 décembre. www.mc2grenoble.fr

Un tramway nommé désir, Odéon, Paris 6e.  Tél. : 01-44-85-40-40. Du 4 février au 3 avril 2010. www.theatre-odeon.fr


Le Goncourt sous une bonne étoile

                                               lindon.1257070316.jpgSi l’on ne saura jamais au juste où finit le début d’un roman (disons quelque part entre l’incipit et l’excipit et n’en parlons plus), on sait à peu près quand s’achève la rentrée littéraire : ces jours-ci avec la distribution des prix. Jusque là, on va encore dire, et même écrire (vivons dangereusement) que jusqu’au bout les éditeurs auront été à la manoeuvre. Discrètement mais fermement eu égard aux enjeux financiers. Dernière offensive en date en coulisses : celle du groupe Hachette, qui aura mobilisé jusqu’au dernier moment ses réseaux afin de convaincre les plus hésitants des jurés d’accorder leurs faveurs au roman de Delphine de Vigan Les heures souterraines publié par l’une de ses maisons, les éditions J.C. Lattès. 

    Pourtant, celui d’entre eux qui a d’ores et déjà remporté la Drouant’s cup est irréprochable et pour cause : cela fait huit ans que Jerôme Lindon n’est plus de ce monde. Sa haute silhouette et son allure austère n’en planent pas moins sur le plus attendu des grands prix d’automne. Le fait est que, des quatre auteurs sélectionnés sur la dernière liste du Goncourt (Marie Ndiaye, Jean-Philippe Toussaint, Laurent Mauvignier, Delphine de Vigan), les trois premiers doivent quelque chose de l’ordre de la reconnaissance à celui qui incarna longtemps les éditions de Minuit. Même si Marie Ndiaye vogue désormais sous pavillon Nrf crème à liseré rouge, elle a été découverte par cet éditeur exigeant qui ne transigeait pas sur son absolu de la littérature au point de ne jamais modifier son cap en un demi-siècle de barre. Quant au riche avenir, son premier roman à 17 ans, était paru en 1985 sous l’étoile ornant la couverture de Minuit, ainsi que plusieurs autres à la suite. Elle l’avait envoyé à trois éditeurs. Celui-ci était le plus rapide car, n’ayant pas de cop1020101.1257070053.JPGmité de lecture, il était du genre à lire toutes affaires cessantes les manuscrits qu’il retenait. Un samedi matin, il l’attendait à la sortie du lycée Lakanal à Sceaux pour lui faire signer son contrat. Un éditeur, c’est ça. Quelqu’un qui vous attend à la sortie de l’école pour vous publier sous la même couverture que Robert Pinget. Toussaint, lui, s’était vu refuser le manuscrit de La salle de bains par tous les éditeurs en 1984. Lindon l’ayant trouvé en souffrance sur le bureau de Robbe-Grillet à l’étranger l’emporta, le lut et lui envoya aussitôt un télégramme. Ils se firent confiance quinze ans durant, jusqu’à sa mort. Quant à Mauvignier, auteur de Des Hommes, sa proximité avec des auteurs de Minuit de la même génération que lui l’a poussé à envoyer « naturellement » son premier texte à Minuit qui l’a accepté. C’était en 1999.   

  Ndiaye, Toussaint, Mauvignier ont en commun de s’être reconnus dans une maison d’édition animée par un grand lecteur qui avait repéré Jean Echenoz avant de les repérer, et avant encore Samuel Beckett. S’il y a une école du regard à chercher, c’est là et pas ailleurs. Dans celui qu’on pose sur vous quand vous osez, en tremblant d’incertitude, espérer vous poser entre des maîtres dans l’oeuvre desquels vous vous reconnaissez. Il ne s’agit pas d’une ligne éditoriale, plutôt d’une famille d’esprit, à défaut d’une bande. Lorsqu’il croyait au destin d’un manuscrit aussitôt lu, Jérôme Lindon était quelqu’un de vif, curieux, pressé. Un intéressant mélange de douceur (voix, gestes) et de détermination (jugements littéraires). Il tenait qu’un écrivain se devait de consacrer la totalité de ses travaux et de ses jours à l’écriture, ce qui excluait l’ivresse des voyages, le vertige médiatique, le mariage et les enfants, la corruption par le cinéma, mais ces contraintes ne figuraient pas dans le contrat à la signature. Sans Jérôme Lindon, ces romanciers auraient tout de même écrit et publié. Peut-être pas tout à fait la même chose ni de la même manière. Aujourd’hui, sa fille, Irène Lindon tient bon la barre à Minuit.toussaint.1257069518.jpg Elle n’a pas seulement su entretenir l’héritage, ce qui serait déjà beaucoup, mais elle a également su le faire prospérer. Cela dit, relativisons. Dans la liste des 200 éditeurs classés par ordre d’importance en fonction de leur chiffre d’affaires récemment publiée par LivresHebdo, les éditions de Minuit apparaissent en 103 ème position avec un CA de 3 049 k-euros en recul de 14,1% par rapport à l’année précédente et un effectif de huit salariés à peine. Vu de la vieille maison surhaussée de mansardes du 7 rue Bernard-Palissy, au cœur de Sain-Germain-des-prés, qui abrita un bordel avant de devenir le laboratoire fantasmé du « Nouveau roman », on n’imagine pas que l’édition soit autre chose qu’un artisanat. Même si par ailleurs, c’est une industrie, certes. 

    Les Goncourt se réunissent donc en conclave ce lundi 2 novembre, lendemain de la Toussaint, pour proclamer leur choix. Un signe ? Mardi dernier, Toussaint a obtenu 7 voix et Marie Ndiaye autant. Leurs deux noms sont ceux qui sont apparus en tête de la sélection de chacun des neuf présents. Cela s’annonce donc serré, même s’il ne faut jurer de rien avec un tel jury, les outsiders conservant toutes leurs chances s’il s’avérait impossible de départager les mauvignierroller.1257069329.jpgfavoris. Marie Ndiaye a tout pour elle : un bon roman plébiscité tant par la critique que par le public (Trois femmes puissantes est déjà en tête des meilleures ventes) et dont les droits ont déjà été achetés dans une dizaine de pays ; une œuvre cohérente derrière et devant elle ; ses origines mêlées entre Dakar, Pithiviers et Antony, plaident en sa faveur en un temps où la diversité est une panacée ; enfin c’est une femme. Un coup d’éclat fut même envisagé avec l’élaboration d’une liste exclusivement féminine (Marie Ndiaye, Delphine de Vigan, Véronique Ovaldé, Justine Lévy), ce qui eut été effectivement historique mais sentait trop l’effet d’annonce. N’empêche que les Goncourt n’ont couronné que huit femmes en 103 ans et que l’argument a été avancé lors de leurs débats de mardi. Au fond, Marie Ndiaye n’a qu’un handicap : elle est publiée chez Gallimard, maison dont les auteurs ont été régulièrement laurés par les Goncourt ces dernières années, directement ou à travers ses filiales. Passeront-ils outre les sarcasmes des gazettes en se félicitant du signal fort lancé par le choix de leur élue en plein débat sur l’identité nationale ? Nous voilà loin de la littérature.  

   Jean-Philippe Toussaint, ateur de La vérité sur Marie, a les mêmes atouts, mais c’est un homme, ce qui ne pardonne pas en temps de parité. Notez qu’il est Belge, ce qui réouvre les portes vers la francophonie. Lui n’est pas handicapé par son éditeur, au contraire, même si des jurés ont pu grogner à l’idée que soit récompensé un éditeur qui, de longue date, ne daigne pas spontanément leur envoyer ses livres ès-qualités. Alors ? On n’en sait rien. Michel Tournier est sans aucun doute le plus fantasque, celui dont le vote est, jusqu’au dernier moment pour ses camarades de jeux, le plus inattendu et lles-heures-souterraines-de-delphine-de-vigan_reference_1254330674.1257069743.jpge plus immaîtrisable. Françoise Mallet-Joris aussi mais pour des raisons de santé. Il ne devrait pas y avoir de surprise de dernière minute avec un nouveau nom sorti du chapeau. Le terrain avait été dégagé la semaine passée : le réel enthousiasme pour L’énigme du retour de Dany Laferrière se serait calmé quand il fut dit que son prix Médicis était acquis ; dans le même temps, il se murmurait déjà que pour Les Onze de Pierre Michon, c’était « plié » au Grand prix du roman de l’Académie française tandis que le Renaudot irait à Une vie française de Frédéric Beigbeder.    

    Le secrétaire général de l’Académie Goncourt sonnera peut-être les douze coups de Minuit ce lundi à 12h45 chez Drouant. Le président Chirac, habitué des comices agricoles, appelait cela « avoir son tour de bête ». Il parlait des candidats aux élections mais aurait tout aussi bien pu dire qu’après Pol, c’était au tour de Minuit. Jacques Chirac est un expert à plus d’un titre : à la fin de cette semaine, à la foire du livre de Brive, il sera sans aucun doute l’auteur le plus plébiscité. Payé pour savoir que la gloire est un effort constant, on serait étonné qu’il ne plaçât pas ce mot de Renard (Jules) relevé dans Leçons d’écriture et de lecture (142 pages, 12 euros), anthologie des moments les plus littéraires de son inépuisable Journal dans lequel les éditions du Sonneur ont eu la bonne idée d’aller fouiller : « En littérature, il n’y a que des bœufs ».  

(”La Une de Libération le lendemain de la mort de Jérôme Lindon” ; “Marie Ndiaye et son éditeur chez Gallimard, Jean-Marie Laclavetine, sous le soleil de Bordeaux” photo Passou ; “Jean-Philippe Toussaint” photo D.R. ; “Laurent Mauvignier” photo d’Olivier Roller ; “Delphine de Vigan”, photo J.C. Lattès)    
http://passouline.blog.lemonde.fr

Sondage : La lecture et vous, combien de livres par mois ?

Il paraît qu'en France, on ne lit pas. Ou plus. Ou du moins, selon nos sources d'informations prises chez les éditeurs, pas assez. Mais dans tous les cas, les livres auraient moins de succès. La faute à une surproduction, à des auteurs excellents que l'on méconnaît ? Ou bien ? Ou presque ?


Nous avons décidé de vous consulter pour savoir ce que vous en pensiez, vous. A priori, si vous nous consultez régulièrement, c'est que les livres et vous vivez une histoire d'amour qui n'a rien d'une passade. Mais alors : combien ? (Même si ce n'est pas la taille qui compte...) Dites-nous tout !

Alors, ami lecteur, chaque mois, combien de livres dévores-tu ?

Quelques pages, à peine... et encore, je compte celles de Figaro madame...

Un seul. Deux si j'ai le temps. (et qu'il y a eu une grosse attente pour les transports)

Quelle question : j'en lis trois en même temps tous les mois

À moins de quatre, je me sens en manque. Mon libraire, c'est mon dealer préféré.

Dans la vie, y'a ceux qui prétendent lire, et ceux qui lisent. Moi, je lis. Vraiment. Cinq, voire six avec un livre dans chaque main...

Un instant svp ...

Obtention des résultats ...

Alors, ami lecteur, chaque mois, combien de livres dévores-tu ? depuis sondage gratuit

Rédigé par Nicolas Gary, le jeudi 29 octobre 2009 - http://www.actualitte.com/actualite

Ma vie ratée d'Amélie Nothomb : internet change la donne ?

Frédéric Huet s'est fait connaître avec une série de quatre vidéos présentant son livre Ma vie ratée d'Amélie Nothomb. Se mettant en scène en parodiant la romancière, il a largement joué du marketing viral permis par YouTube.


Nous l'avons contacté pour qu'il nous explique un peu plus en détail son "plan de communication" autour du livre, mais surtout pour aborder avec lui la nécessaire - ou pas ? - implication des auteurs dans la promotion de leur ouvrage.

Et au passage, glisser quelques mots sur Amélie Nothomb, l'égérie romancière, autant que les méthodes commerciales de l'éditeur. Une interview à découvrir sans attendre. Rédigé par Clément S., le mardi 27 octobre 2009 - http://www.actualitte.com/actualite
October 31

Le Goût âpre des kakis, prix du meilleur livre étranger

La rédaction du Courrier International a attribué son prix du meilleur livre étranger. La lauréate de cette deuxième édition du prix est l'Iranienne Zoyâ Pirzâd pour son recueil de nouvelles Le Goût âpre des kakis (Chez Zulma).

Ce prix récompense « un essai, un récit ou un roman [étranger] traduit en français et témoignant de la condition humaine dans une région du monde ».


Ce prix a été décerné pour la première fois l'année dernière à un auteur chinois, Yu Hua pour son roman Brothers (paru chez Actes Sud). On pourra retrouver des extraits du prix du meilleur livre étranger 2009 dans l'édition du 22 octobre du Courrier International.

Rédigé par Mario, le dimanche 25 octobre 2009 - http://www.actualitte.com/actualite

Blessure d'amour-propre de Martin Veyron, prix de la BD Point 2009


Pour sa 7e édition, le prix de la BD Point 2009 vient de couronner Blessure d'amour-propre, de Martin Veyron, publié chez Dargaud. « Une fois n'est pas coutume, le prix du Point salue l'oeuvre d'un garnement de 60 ans qui vient de signer l'album le plus vivifiant et le plus moderne de l'année écoulée », précise l'hebdomadaire.

Avec 200.000 exemplaires vendus de L'amour propre, Martin Veyron s'est illustré dans plusieurs titres qui passent nos moeurs au crible d'un humour grinçant. L'album publié par Albin Michel, Caca rente était à ce titre une petite perle.

« Poursuivi par une journaliste d'Arte frigide, harcelé par des huissiers et créanciers, condamné par la maladie à choisir entre impuissance et incontinence, Martin présente les traits d'un Alceste des Temps modernes, dévoilant la vanité et l'inanité de son époque. »

Des thématiques qui reviennent, des femmes, de l'argent, du sexe, Le Point a été convaincu par ce titre « admirable trompe-l'oeil ».
http://www.actualitte.com/actualite

Prix Intégrance-Handi-livres : des mots sur la vie

 Prix Intégrance-Handi-livres : des mots sur la vie  Prix Intégrance-Handi-livres : des mots sur la vie
Publié le : 17/10/2009
Auteur(s) : Emmanuelle Dal'Secco
Résumé : La remise des prix de la cinquième édition d'Handi-livres s'est déroulée vendredi à Paris en présence de Robert Hossein. Elle récompense ceux qui, dans leurs écrits, contribuent à une meilleure connaissance des questions de handicap.
 

Paris, 15 octobre 2009. La salle est comble. En tête d'affiche : Robert Hossein. Une nouvelle superproduction de l'insatiable metteur en scène ? En y regardant de plus près, ce qui se joue ici est bien différent. Ils sont venus, ils sont tous là, pour assister à la remise des trophées du « Prix Handi-livres ». Patrick Gohet, encore délégué interministériel aux personnes handicapées pour quelques jours, Ryadh Sallem, président de Défistival, Rachel Boulenger-Dumas, initiatrice du Festival Orphée... Tous spécialistes du handicap, membres du jury de cette cinquième édition. Une quinzaine de personnalités qui, jusqu'au dernier moment, débattent et délibèrent pour choisir ses lauréats.

Soutenir les auteurs

Robert Hossein, qui a depuis le début de cette aventure accepté la présidence du jury, fait son entrée. La cérémonie peut commencer. Jean Barucq, président de la Mutuelle Intégrance, prend la parole. Honneur très légitime puisque c'est cette mutuelle, spécialiste de l'assurance et de la prévoyance des personnes handicapées depuis trente ans, qui a créé ce prix en 2005. Handi-livres a pour vocation de promouvoir et d'encourager les auteurs qui, soit traitent du handicap dans leurs écrits, soit sont handicapés eux-mêmes. Pour cette édition 2009, 26 ouvrages ont été sélectionnés dans cinq catégories : roman, biographie, guide, livre lu et jeunesse. Malgré sa création récente, ce prix a été rapidement et favorablement accueilli par les grandes maisons d'édition mais il offre aussi un véritable soutien aux auteurs en situation de handicap qui souhaitent publier leur prose puisque dans la sélection figurent certains ouvrages publiés à compte d'auteur, c'est-à-dire à la charge de ce dernier. Grâce à la reconnaissance offerte par un tel prix, ils peuvent ensuite espérer être édités dans de meilleures conditions et à plus grande échelle.

Au fil des proclamations, on appelle les lauréats mais le podium reste vide. L'envie d'y être, explique un éditeur dans une lettre, mais manque de moyens pour se déplacer ! Le secteur de l'édition souffre de la crise. Alors que dire de ces « petites maisons » qui prennent le risque d'aborder un thème pas particulièrement vendeur !

Jeunes auteurs de talent
Des beaux moments tout de même... L'enthousiasme spontané et inattendu des jeunes élèves de l'association Valentin Haüy, concourant dans la catégorie jeunesse. Certainement déçus de ne pas avoir été choisis, ils reçoivent un hommage de rattrapage pour leur recueil « Les trois meilleurs amis ». Assa, Aurélie, Brahim... s'emparent du micro, comme les pros, pour un discours ému. Ils sont mal ou non-voyants, et innovent, créent, dessinent. Face à si belle volonté, le jury s'incline et leur décerne une « mention spéciale ». Respect !
C'est le livre blanc « Handicaps et sexualités » de Marcel Nuss qui reçoit à son tour le « Prix spécial du jury ». Patrick Gohet, avec une admiration sincère, évoque l'esprit brillant de cet homme lourdement handicapé, trachéotomisé et alité qui s'engage avec obstination et fermeté sur ce sujet excessivement tabou.

Déclaration en live
Pour finir en sentiments, touche « Coup de cœur - Intégrance » décerné à « Le huitième jour, avant, pendant et après ». Pascal Duquenne, partenaire mémorable de Daniel Auteuil dans ce film culte, a fait le déplacement avec ses parents. Mais c'est sa maman, surnommée affectueusement Mamy cacahuète, qui lui vole la vedette. Elle en profite pour faire une déclaration à Robert Hossein, un fantasme de jeunesse. La fan de 75 ans reçoit en retour un chaste baiser de son idole. Happy end... ou un nouveau chapitre à écrire ?

Les lauréats du prix Handi-livres 2009, à lire de toute urgence :

- Roman : « La grande éclaire », de Virginie Langlois, éditions Acte sud.
- Biographie : « Enfance gommée », de Chantal Bruno, éditions Desclee de Bruwer
- Guide : « Vivre avec le handicap au quotidien », de Bernadette Soulier, éditions Interédition-Dunod.
- Livre jeunesse : « Le lion de Léonie », d'Aude Morel, éditions d'Orbestier.
- Livre lu : « J'arrive où je suis étranger », de Jacques Semelin, lu par Pascal Barsat, adapté par l'association Lire dans le noir.
- Coup de cœur : « Le huitième jour », propos de Pascal Duquenne, France Europe Editions.
- Mention spéciale : « Les trois meilleurs amis » (catégorie jeunesse), réalisé par l'association Valentin Haüy.
- Prix spécial : « Handicaps et sexualités », de Marcel Nuss, éditions Dunod

  
Merci Véro pour cette info différente et oh combien importante !

 

Les poèmes de Marie

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